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Pourquoi votre ROAS de 6 peut cacher une campagne déficitaire

Le ROAS compare un chiffre d’affaires à une dépense publicitaire. Il ignore vos coûts d’achat, votre logistique et vos remises. Voici comment le remplacer par un indicateur qui descend jusqu’à la marge.

Une loupe est posée sur un graphique en barres fissuré entouré de piles de pièces de monnaie sur une feuille de données.

L’essentiel en 30 secondes

  • Le ROAS mesure un chiffre d’affaires, pas un bénéfice : un ROAS de 6 peut perdre de l’argent.
  • Les enchères automatiques optimisent la valeur que vous leur envoyez. Envoyez le panier, elles chassent le volume.
  • Transmettez la marge brute comme valeur de conversion, une fois le tracking fiabilisé.
  • Prévoyez trois à cinq semaines de réapprentissage et une baisse temporaire du chiffre d’affaires.

Il existe une scène que nous rejouons plusieurs fois par an. Un dirigeant nous montre son tableau de bord Google Ads : ROAS 6,2, chiffre d’affaires publicitaire en hausse de 18 % sur l’année.

Puis il nous montre son compte de résultat. La marge nette a reculé. Les deux documents sont exacts : ils ne mesurent simplement pas la même chose.

Que mesure réellement le ROAS ?

Le ROAS, return on ad spend, divise un chiffre d’affaires attribué par une dépense publicitaire. Il ne sait rien de votre prix d’achat, de vos frais de port, de vos remises ni de vos retours.

Sur un catalogue homogène, l’approximation tient. Dès que l’écart de marge entre deux produits dépasse une dizaine de points, elle s’effondre.

Le ROAS dit 6 contre 3. La réalité dit l’inverse. Données d’exemple, calcul avant frais fixes.

Pourquoi l’algorithme de Google aggrave-t-il le problème ?

Les stratégies d’enchères automatiques, ROAS cible ou maximiser la valeur de conversion, travaillent sur la valeur que vous leur transmettez.

Si cette valeur est le montant de la commande, l’algorithme apprend à trouver les acheteurs des produits les moins chers et les plus recherchés. Ce sont eux qui maximisent le chiffre d’affaires par euro dépensé.

Plus la machine devient performante, plus elle vous éloigne de votre marge. Ce n’est pas un dysfonctionnement, c’est l’exécution fidèle d’une consigne mal formulée.

Adel Duchaine, Manager SEO & Digital Strategist chez AdSim

Comment remonter la marge plutôt que le panier ?

La correction est simple sur le papier : envoyer à Google une valeur de conversion égale à la marge brute de la commande. Elle suppose trois conditions.

  • Un coût d’achat par référence, disponible côté site ou dans le flux produits.
  • Les coûts variables réels : frais de port supportés, emballage, commission de paiement.
  • Un tracking fiable, dédupliqué, avec un consentement correctement câblé.

La troisième condition bloque le plus souvent. Nous refusons de basculer un compte sur la marge tant que le tracking n’est pas propre. Notre méthode de pilotage Google Ads commence toujours par là.

ROAS ou POAS : quelle différence concrète ?

Deux indicateurs, deux logiques d’enchères.
CritèreROASPOAS (marge)
FormuleCA ÷ dépenseMarge brute ÷ dépense
Seuil de rentabilitéVariable selon le produit1, pour tout le catalogue
Ce que l’algorithme chasseLes gros paniersLes ventes qui rapportent
Donnée à fournirMontant de commandeCoût d’achat + coûts variables

Que se passe-t-il les premières semaines ?

Il faut prévenir la direction avant, pas après : le chiffre d’affaires publicitaire baisse généralement le premier mois. L’algorithme cesse de courir après les paniers volumineux à faible contribution.

3 à 5 semaines

de réapprentissage avant que le chiffre d’affaires revienne à son niveau, composé différemment.

Source : comptes Google Ads basculés sur la marge par AdSim.

Pendant cette phase, un seul indicateur compte : la marge brute générée rapportée à la dépense publicitaire. Regarder le ROAS, c’est couper le chantier avant qu’il produise.

Et si vous ne connaissez pas vos marges ?

C’est le cas le plus fréquent, et ce n’est pas rédhibitoire. Une approximation par famille de produits suffit à corriger l’essentiel du biais.

Comment regrouper son catalogue en familles de marge ?

  1. Exportez les ventes des douze derniers mois par référence.
  2. Classez chaque référence dans trois à cinq tranches de marge brute.
  3. Attribuez à chaque tranche un taux moyen et injectez-le dans la valeur de conversion.

×2,4

de rentabilité réelle en trois mois, à budget publicitaire constant, avec trois familles de marge seulement.

Source : cas client e-commerce maison & déco

Ce qu’il faut retenir

Le ROAS n’est pas un mauvais indicateur : c’est un indicateur incomplet. Tant qu’il reste la valeur transmise aux plateformes, il oriente vos budgets vers le volume plutôt que vers le profit.

La question à poser en réunion n’est donc pas « quel est notre ROAS ? » mais « combien de marge cet euro publicitaire a-t-il produit ? ».

Écrit par

Manager SEO & Digital Strategist chez AdSim, Liège

Adel pilote la stratégie SEO et l’acquisition payante des clients e-commerce de l’agence.

  • Claude Code 101 (Claude Academy)
  • Claude 101 (Claude Academy)
  • Certification Google Ads sur le Réseau de Recherche

Questions fréquentes

Vos questions sur le pilotage par la marge

Qu’est-ce que le POAS ?

Le POAS (profit on ad spend) divise la marge brute générée par la dépense publicitaire. Au-dessus de 1, la campagne rembourse ce qu’elle coûte avant vos frais fixes ; en dessous, elle vous coûte de l’argent, quel que soit son ROAS.

Faut-il abandonner le ROAS ?

Non. Il reste un bon indicateur de lecture. Ce qu’il faut arrêter, c’est de le transmettre à Google comme valeur de conversion : c’est lui qui oriente alors les enchères vers le volume plutôt que vers le profit.

Combien de temps dure la phase de réapprentissage ?

Sur les comptes que nous avons basculés, trois à cinq semaines. Le chiffre d’affaires publicitaire baisse généralement le premier mois, puis remonte à un niveau proche du précédent, composé différemment.

Peut-on piloter sur la marge sans connaître la marge de chaque produit ?

Oui. Regrouper le catalogue en trois à cinq familles de marge suffit à corriger l’essentiel du biais. Le gain se joue sur les écarts importants, pas sur la deuxième décimale.

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Point de départ

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